Fort le café,

Bienvenu au petit déjeuner

Son goût intense, non sucré

Revigore la vie qui dort encore

Et fait émerger la journée

Avec lui s’oublient les songes rances

Les rêves où vous courez sur les chemins d’errance

Avec deux pieds

Il vous regarde

Son œil noir luisant au fond de la tasse blanche

Patient il attend

La tartine de pain croustillant

Plongeant dans les abysses de ses eaux noires

Il attend que fonde en son cœur le tendre beurre

Et le suc acidulé de la mirabelle d’or

Volée aux guêpes du verger

Alors mille yeux vous regardent

Comme des lunes au fond d’un puits

Et vous questionnent

Que vas-tu faire aujourd’hui ?

Et vous, le nez encore dans le petit déjeuner,

Vous répondez

Je ferai de la compote

Avec les petites pommes ridées…Tu sais,

Les petites pommes  gouteuses du vieux pommier

Puis je pèlerai le potiron rubicond

Qui luisait comme un gyrophare dans le potager

Derrière la maison

Avec la crème et le lait je ferai un velouté

Enfin, je prendrai  les mots et les couleurs de tous ces ingrédients

Les exquis, les amers, les croquants, les piquants

Les veloutés, les crémeux, les acres, les gluants

Les épicés,  les moelleux, les salés, les brulants

Pour mélanger leurs goûts fugaces, leurs couleurs

Et gratiner, en coloré, un savoureux poème.

 

Lecrilibriste