Au Plaisir des Mots

07 avril 2020

Clarines en tête

vache

Image Internet - Atelier en ligne "entre2lettres"

 

 

Clarines en tête

 

J'ai un troupeau de clarines dans la tête

C 'est mon osteopote qui me l'a dit

C 'est lui qui a constaté le délit

je les ai attrapées lorsque j'étais au pré

que j'écoutais les vaches brouter

Crrrrr, Crrrrr, Crrrr, Crrrr

et les clarines tintinnabuler

doucement dans l'air du soir

 

Il m'a dit de ne pas m'émouvoir

que c'était passager, que c'était dérisoire

D'entendre sans arrêt tinter, elles en avaient marre

Il fallait leur laisser un moment de répit

Vite trouver une solution au conflit

Qu'elles donnent plus de lait était leur alibi

Et je passais par là, c'est moi qui ai subi

jusqu'à qand ? Dieu seul le sait

 

Ne t'inquiète pas me dit l'ostéopote

Je vais faire des passes sur toi

Avec mon magnétisme

souffle chaud, souffle froid

ça devrait passer, devine

je vais leur rendre, moi, leurs clarines !

Le mains ouvertes au-dessus de moi

il commença …. J'eus très chaud, j'eus très froid

l'Angélus se mit à sonner au clocher

je me retrouvais soudain réveillée

le troupeau de clarines s'en était allé.

 

Lecrilibriste

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04 avril 2020

Le rastaquouère

rastaquouère 5

Image Internet - Atelier" le défi du samedi"

 

Le rastaquouère

 

Avec tes bottines à boutons

et ta chemise à coeurs

ta cravatte comme un cordon

et tes bretelles à fleurs

t'as pas l'air d'un baroudeur

ni çui d'un minet en blazer

t'imposes ton style de flambeur

t'as l'air d'un vrai rastaquouère

 

J'sais bien qu'ton père racleur de peaux

avait commencé comme Grenouille

qui râclait les peaux dans la souille

pour faire bouffer tous ses loupiaux

La protection des animaux

la fondation Brigitte Bardot

ça faisait pas bien son affaire

Fallait bien l' faire, ce sale boulot

Même si on l'app'lait rastaquouère

 

Mais toi, tu rêvais de glamour

de revêtir de beaux atours

une fleur à la boutonnière

ou pour trouver le grand amour

Mais t'allais leur faire voir, un jour

ce qu' c'est qu'un vrai rastaquouère

 

Avec ta belle tête d'hispano

tu fus r'marqué par un bobo

pour tenir l' devant de la scène

Et quand on est grand couturier

faut bien un jour se démarquer

imposer dans les défilés

un style quelque peu déjanté

devant le people de la mode

pour dégager Coco Chanel

 

Ton style qui est aux antipodes

fustigeant les dictats des codes

et du noir trop conventionnel

dans tous les systèmes, tu essaimes

pendant que tu te fends la poire

t'imposes au top, sans t'émouvoir

ton style de vrai rastaquouère

 

Lecrilibriste

 

 

 

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30 mars 2020

Le pied du géant

santiago 2

L'image que j'ai nommée"le pied du géant" oeuvre éphémère qu'un artiste de Street Art Nature a créee sur le chemin de Compostelle, n'est  pas libre de droit.

Imaginez alors, sur ce chemin un immense pied, avec les orteils bien dessinés, fait de cailloux ocre rose, de différentes grosseurs, posés sur le chemin 

Texte : Lecrilibriste

 

Le pied du géant

 

Je pose mon pied droit dans le pied du géant

Dense et profond, incrusté dans le sol

lourd des pas d’une multitude en marche

Dans ma chair, dans mon sang, s’éveille le sacré

Mais mes mots insoumis vacillent et s’envolent

Trop légers pour capter le cœur de son secret.

 

Sur mon cahier, pour écrire, j’attends l’instant. ..

 

D’un doigt lent fermement j’en poursuis le contour

Profonde et dure, la terre du chemin creusée …

Sur mon cahier, précis, trois mots s’élancent

« travail, temps, patience »

 

La paume de ma main caresse les cailloux

sombres et clairs, puissants et humbles, rebelles et doux

Sur mon cahier trois mots ont fait alliance

« humanité, diversité, différence »

 

Tout au long des ruptures, des assemblages

et des cloisons tissées , mon stylo court

Sur mon cahier trois mots en résonance

« fractures, reliance, existence »

 

Les courbures du pied entourent souplement

les bosses et les plaies de matière domptée

Sur mon cahier trois mots fleurissent et dansent

« harmonie, accomplissement, transcendance »

 

Œuvre gratuite offerte à tous les vents

A la nature, au ciel, aux passants, aux étoiles

Pied qui te met debout et qui te dit « avance ! »

Sur mon cahier l’artiste, j’écris ton nom

« Bâtisseur d’espérance. »

 

Lecrilibriste

 

 

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28 mars 2020

kidditch

kidditch

Image Internet - Atelier en ligne "le défi du samedi"

 

Un quidditch, il nous faudra bien

pour échapper à ce monde ultra confiné

Alors quand la pleine lune s'est levée

belle comme un été indien

mon balai magique j'ai enfourché

j'ai claqué des doigts, il a décollé

et je l'ai briffé d'aller explorer

loin du monde fou, les mondes anciens

C'était un défi mais j'avais envie

d'aller me lover dans les choses aimées

même si lointaines et presqu'oubliées

Mon balai magique aime la musique

et c'est donc par là qu'il a commencé

avant même que je l'ai proposé …

Mais pourquoi faut-il qui aille toujours

chercher du blues, du blues, du blues

Mais pourquoi faut-il que toujours

comme des bleus à l'âme

les notes du blues écorchent le cœur

remuant de vieille nostalgies d'ailleurs

quand Sidney Bechett joue « Petite Fleur »

et quand la voix chaude d'Henri Salvador

pose de doux mots sur la musique

Les larmes au bord des yeux pour ce qui a été

dans les coulisses, J'ai posé mon quidditch

derrrière le rideau je les ai écoutés

Au parfum de « Petite Fleur » me suis saoulée

jusqu'au bout de la nuit et j'en ai rêvé

 

https://www.youtube.com/watch?v=REYLNs0rh-g

 

Lecrilibriste

 

 

 

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26 mars 2020

je me suis installée dans une image ...

atelier du peintre

Tableau : Y de Braekeleer - Texte Lecrilibriste

 

Je me suis installée en hâte dans l’atelier du peintre pour apprendre à saisir l’insaisissable, pour devenir son regard, sa main, son pouce dans la palette, son couteau pour les aplats, sa brosse plate de martre et son pinceau en petit gris pour fignoler le détail.

Je suis le regard du maître.

Je travaille les ocres et les bruns, le rose délicat du corsage, la carnation du visage, l’éclair de vie dans la prunelle illuminée soudain par la brillance d’un éclat de lumière.

Avidement, je presse les tubes de couleur sur la palette, règle l’inclinaison du chevalet et respire l’odeur mélangée d’huile de lin et d’essence de térébenthine qui m’envoûte dès que l’on franchit la porte de l’atelier…. Souvenirs nostalgiques de ce désir fou de vie de Bohême et de Beaux Arts, de volière de jeunesse ouverte sur tous les horizons du plaisir.

Attelé au temps qui passe, il travaille le maître… des heures et des heures, acharné sur le détail si mélancolique du regard, sur la courbe du front, sur le galon de la robe, sur le pli du corsage. Je suis sa trace de la pointe de mon pinceau, ébauchant, vaille que vaille, l’image de la perfection.

Je ne veux plus m’en aller…

 

Depuis plus d’une heure, Vénus, la statue dénudée sur l’angle de la cheminée, observe la scène sans bouger. Elle regarde le front penché du modèle et le regard triste de la belle fixant désespérément le coin du tapis de Turquie.

Pas un seul clin d’œil du maître vers la pierre tendre et aphrodisiaque, pas un seul clin d’œil… !.

Il l’a pourtant choisie entre toutes, cette Vénus antique pour la volupté de ses formes, la douceur lisse de sa pierre.

Pourquoi l’a-t-il placée là, sur le coin de la cheminée, juste dans son angle de vue si ce n’est pour admirer ses courbes pulpeuses, pour attiser son inspiration ?

Et qu’a-t-il donc, cet Horus chapeauté, ce fouilleur de merde, à fignoler l’interminable lecture de la mélancolie, à faire glisser insidieusement le corsage du modèle pour fignoler soi-disant l’arrondi de l’épaule… à parcourir les plis de la jupe et l’arrondi des vingt quatre boutons de la guimpe … ?

  • Vingt quatre boutons, pense Vénus, il est fou ? C’est bientôt pire que la chasuble d’un curé !

Son cœur bat furieusement sous la pierre. Elle suit chaque geste de l’un, chaque soupir de l’autre… Mais son regard voit loin… car la chair est faible ! Elle se méfie…Elle a des siècles d’expérience…

 L’intervalle est court entre les deux femmes et la parole s’installe, invisible, inaudible, entre le cœur de pierre et le cœur de chair… Le lien ténu s’impose… Il suffirait de presque rien pour que l’impossible se réalise… un simple geste… un battement de cœur ou de cils… un sourire …

 Sous un éclat de lune, le modèle si sage sourit et se lève soudain. Le regard s’illumine délaissant le tapis de Turquie. La belle quitte la jupe lourde et s’extrait prestement de la guimpe aux vingt quatre boutons. Elle se glisse dans un blue-jean délavé, dans un top décolleté, enfile les talons aiguille et lance au maître interloqué

  • Ciao Horus, C'est l'heure, je dois partir, mon mec m’attend !

Et claquant les talons, elle adresse un clin d’œil à Vénus, sans un regard pour la toile où patine l’ébauche de la déchirure.

 Alors, le maître tourne les yeux vers sa Vénus de pierre. Son regard rêveur caresse l’arête du nez, le bombé de la cuisse, la courbe de l’épaule. Il pose la toile qu’il peignait par terre et installe l’autre sur le chevalet.

L’ébauche de Vénus est là, magnifique, aussi vivante que le modèle qui vient de claquer la porte…

Le cœur de pierre bat plus fort, mais personne ne l’entend et personne n’en saura jamais rien….

 

Lecrilibriste

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